Le brut annoncé en entretien ne correspond ni au super-brut employeur, ni au cash disponible sur votre compte courant. Ce simulateur met en parallèle deux mondes fiscaux distincts avec des hypothèses explicites.
Salaried : du brut au net impossible
Les cotisations salariales grèvent directement votre brut. Sur le revenu imposable, l'impôt sur le revenu est calculé par foyer et parts, avec un barème progressif. Notre page utilise un quotient proportionnel : la masse imposable est répartie par part, le barème est appliqué, puis le résultat est réétendu—une approximation pédagogique d'un calcul déclaratif complet.
Micro-entrepreneur : social puis IR
Les versements URSSAF forfaitaires réduisent votre cash immédiat. L'impôt sur le revenu peut être versé en libératoire (taux fixe, sous conditions) ou au régime réel simplifié après abattement pour frais professionnels. Nous modélisons la seconde approche avec l'abattement BNC indiqué dans la fiche technique.
SASU : distributions et flat tax
Une SASU permet une séparation société / résultat / distribution. La flat-tax à 30 % sur dividendes est une borne courante pour estimer le cash net actionnaire après IS sur résultat—ce modèle reste volontairement simple et ne couvre pas l'optimisation salaire / dividendes réelle.
Exemple chiffré : 45 000 € brut annuel — combien il reste ?
Un salarié en CDI à 45 000 € brut voit souvent ~29 500 € net après cotisations salariales (~22 % en ordre de grandeur) et IR sur l'imposable (quotient/parts simplifié dans l'outil). L'employeur paie en plus ~42 % de charges patronales sur la masse—le super-brut dépasse ~63 000 €. Un micro-entrepreneur BNC à 45 000 € de CA avec versements URSSAF (22,2 % service) garde ~35 000 € avant IR au réel après abattement ; avec IR estimé et mutuelle/compta légère, le cash peut se rapprocher du salarié—sans congés payés ni fin de mois garanti.
| Poste | Salarié (45 k€ brut) | Micro BNC (45 k€ CA) |
|---|---|---|
| Brut / CA | 45 000 € | 45 000 € |
| Cotisations salariales / versements sociaux | −9 900 € | −9 990 € (22,2 %) |
| Base imposable IR (simplifiée) | ~35 100 € | ~27 900 € après abattement 34 % |
| IR estimé (modèle parts) | −5 600 € | −4 200 € |
| Mutuelle / prévoyance (ordre de idée) | −600 € | −600 € |
| Expert-comptable (hors micro simple) | — | −1 200 € |
| ≈ Cash disponible | ≈ 29 500 € | ≈ 29 000 € |
Ordres de grandeur pédagogiques. L'**ACRE** (première année), le libératoire, la réduction d'impôt pour l'emploi à domicile, ou une **SASU** changent totalement la courbe.
Erreurs fréquentes en comparant salarié et freelance en France
Oublier le super-brut employeur
Comparer un TJM à un brut salarié sans ajouter ~42 % de charges patronales conduit à sous-estimer ce que coûte vraiment votre poste au budget entreprise.
Confondre micro-entreprise et SASU
Le micro est plafonné et socialisé au forfait ; la SASU empile IS (souvent réduit), salaire et dividendes—les courbes de cash ne sont pas interchangeables.
Négliger les congés non facturés
5 semaines + arrêts courts peuvent représenter ~25–35 jours non facturés. À 500 €/jour, c'est 12,5–17,5 k€ de CA manquant à provisionner.
Ignorer la TVA au-delà des seuils
Franchise en base possible sous plafonds ; au-delà, la TVA devient un flux (encaissements/déductions) à modéliser avec votre expert.
Pour qui le freelancing paie en France ?
Quand l'indépendant sort gagnant
Le freelancing est souvent rentable si :
- Votre **TJM** tient **≥ 550–650 €** sur du **B2B** stable (IT, data, conseil).
- Vous restez **hors dépendance économique** au sens URSSAF quand c'est votre cible.
- Vous tenez **> 80 %** d'occupation facturable hors admin.
- Le **micro** couvre votre CA ou vous optimisez une **SASU** avec un expert.
Quand le CDI reste plus sûr
Rester salarié est plus pertinent si :
- Votre TJM équivalent passerait **sous ~450 €** avec risque d'intermission.
- Vous dépendez des **avantages** (mutuelle famille, tickets, épargne salariale).
- Vous visez un **crédit immobilier** récent—les banques lissent encore les fiches de paie.
- Votre activité est **sous plafond micro** mais avec peu de marge après IR réel.
FAQ
Non. Il aide à comprendre l'ordre de grandeur, pas à produire une liasse fiscale.
Titres-restaurant, mutuelle obligatoire, participation, épargne salariale et primes modifient le net.
Pas par défaut. Les réductions de démarrage changent chaque année—vérifiez les conditions URSSAF.
L'outil privilégie une approche IR après abattement ; le libératoire est un cas à part.
Utilisez le mode SASU simplifié si présent ; sinon considérez la SASU comme une structure distincte avec IS et rémunération.
Non—la TVA est généralement neutre si vous êtes assujetti avec droit à déduction complet.
Souvent **55–70 k€** de CA micro ou plus en réel selon charges et impôt—regardez le seuil de rentabilité dans l'outil.
Le quotient est une approximation ; foyer, enfants et réductions déplacent le résultat.