Le débat « liberté vs sécurité » masque des équations financières précises. Voici les variables qui déplacent le résultat quand on quitte un CDI pour une activité indépendante encadrée.
Sécurité sociale : deux logiques
Le salarié voit des cotisations prélevées au source; l’indépendant verse selon son régime. Le micro-allège la complexité mais plafonne; la société ouvre de la latitude et ajoute des obligations (comptabilité, conformité).
Impôt sur le revenu et foyer
Les parts fiscales et le quotient familial influencent fortement le résultat. Un même TJM brut peut produire deux nets très différents selon la composition du foyer.
Couverture santé et prévoyance
La mutuelle « obligatoire » côté salarié n’a pas le même packaging en freelance. Comparez bénéficiaires réels et franchises avant de trancher le mythe du « TJM magique ».
Chiffres réels : brut, super-brut et TJM
Un 45 k€ brut coûte souvent >60 k€ au super-brut employeur. Le freelance doit refacturer cette couche invisible en plus des cotisations indépendantes.
| Repère | Ordre de grandeur | Pourquoi c’est central |
|---|---|---|
| Salaire médian annuel (contexte) | ~28k-32k € net nation | Le tech dépasse—restez sur votre cohorte. |
| Charges patronales | ~42% zone ordre de grandeur | Comparez au TJM, pas au brut affiché. |
| Congés payés + jours non facturés | ~25-35 j/an | À monétiser dans le TJM. |
| Mutuelle famille | 800-2 500 €/an | Panier différent micro vs salarié. |
| TVA si assujetti | 20% flux | Ne pas confondre avec salaire. |
Écart d’avantages à remplacer
- Prévoyance / retraite complémentaire entreprise : souvent 3-8% du brut—à épargner seul. - Titres-restaurant / transport : 1k-3k €/an de pouvoir d’achat à reconstituer. - Assurance chômage : pas équivalent automatique en indépendant—épargne de précaution. - Formation : budget 2k-5k €/an si vous voulez tenir le rythme corporate. - Indemnités de fin de contrat / licenciement : droits salariés disparus—prime de risque à intégrer.
Le point de bascule
Règle pratique : viser +30-50% de CA vs brut salarial pour retrouver un niveau de vie proche une fois URSSAF, IR, mutuelle et temps non facturé sont pris en compte. Le micro simplifie mais plafonne.
Structures possibles
- Micro-entrepreneur : forfait social + plafonds. - EI réel : charges réelles, plus lourd. - SASU / EURL : IS + rémunération ; autre courbe de cash. - Portage salarial : proche salariat, avec frais de plateforme.
Projection 5 ans (schéma)
3% d’augmentation CDI vs 4% de hausse de TJM mais 85% d’occupation : l’indépendant gagne si le carnet tient >8-9 mois/an. Une année creuse peut effacer le gain—visez 10-20 k€ de liquidités avant bascule avec crédit immobilier.
Trois profils qui ont fait le calcul
Développeur backend, Paris (5 ans d’expérience)
Situation salariée :
55 000 € brut, net ~36 500 €, super-brut employeur ~78 000 € (ordre de grandeur ~42% charges patronales, comme sur cette page).
La question qu’ils se posent :
J’ai une offre à 500 €/jour — c’est suffisant pour passer le cap ?
Scénario freelance :
SASU (schéma indicatif) : 500 €/j × 200 j = 100 000 € de CA. Déductions : charges sociales gérant ~22 000 €, IR sur rémunération ~12 000 €, mutuelle ~1 800 €, comptable ~2 500 €, frais divers ~3 000 € → net ~58 700 €. Stress test à 170 j (15% de creux) : CA 85 000 € → net ~47 500 €.
Verdict :
Positif à 200 j (+22 200 € net). À 170 j, l’écart se resserre à +11 000 € — restez au-dessus de 500 €/j ou négociez 550 €/j pour absorber les creux sans panique.
Chef de projet IT, Lyon (SSII, 8 ans)
Situation salariée :
48 000 € brut, net ~32 000 €, super-brut employeur ~68 000 €.
La question qu’ils se posent :
Mon employeur propose du portage à 350 €/jour — est-ce que je gagne vraiment plus ?
Scénario freelance :
Portage : 350 €/j × 180 j = 63 000 € de CA facturé. Frais plateforme 8% = 5 040 €, charges sociales salarié ~28% = 16 129 €, IR ~7 500 € → net ~34 300 €.
Verdict :
+2 300 € net vs CDI — légèrement positif mais sans autonomie tarifaire. Le portage à 350 €/j sur Lyon n’est pas un piège, c’est une transition. Visez 420 €/j minimum ou basculez en SASU dès que le carnet dépasse 7 mois/an.
Consultante RH / Change Management, Île-de-France
Situation salariée :
65 000 € brut, net ~42 000 €, super-brut employeur ~92 500 €.
La question qu’ils se posent :
Mon entreprise veut me garder en freelance après mon départ — ils calculent mon TJM sur la base de mon salaire ÷ 220 jours. C’est normal ?
Scénario freelance :
Piège : 65 000 € ÷ 220 j = 295 €/j — taux salarié pur, sans reconstitution des charges. TJM minimum viable SASU (profil senior, ~1,45× brut / jours facturables) : 65 000 € × 1,45 ÷ 180 j = 524 €/j. À 524 €/j × 180 j = 94 320 € de CA → charges ~20 000 €, IR ~14 000 €, mutuelle ~2 000 €, frais ~4 000 € → net ~54 320 €.
Verdict :
En dessous de 480 €/j, cette consultante gagne moins qu’en CDI en net réel. Le TJM « salaire ÷ 220 » = piège classique. Exiger 520 €/j minimum avec contrat 6 mois — ou trouver un second client avant de quitter le CDI.
FAQ
Tant que le CA et l’activité restent dans les seuils légaux et métier ; sinon basculez vers des statuts plus lourds.
Souvent en brut —vérifiez en net imposable après cotisations et jours non facturés.
Non par défaut—vérifiez l’éligibilité annuelle.
Franchise ou réel ; modélisez trésorerie, pas seulement le net.
Risque de requalification—au-delà des chiffres, faites valider votre cas.
Les parts bougent tout—utilisez le simulateur avec votre quotient.
Les cotisations mutuelle explosent avec les bénéficiaires—budget réaliste.
Hors scope ici—double résidence fiscale possible.
Coming soon: personalized transition kit
We are preparing country-specific checklists, break-even PDF exports, and vetted partner introductions (accountants, fiduciaries, umbrella companies). For now, save your results with the download or email tools on calculator pages where available.